Paysan

Publié le par marc

Paysan  Je te salue le paysan

Pas l’exploitant  l’exploiteur tous crins ah que l’on craint

De toutes les terres arables Lourdes ou légères

Rouges ou noires, d’argile ou de craie Acides ou douces

Terres à blé et à oseille

Les Favoris de la PAC

Pactole pour les gros pacotille pour les autres

Les planteurs du Sénégal les métayers du Gange les jardiniers en Amap

Je te salue paysan

Pas le défricheur de haies vives

Pas le dénicheur d’oiseaux rares

Quoique si ça a rapport avec ma sœur,

de tes mains calleuses, j’autorise volontiers la maraude

Ni le pourfendeur de sillons toujours « à la bourre »

Mitraillant l’insecticide, le fongicide, l’herbi-sidérés

les abeilles et coccinelles les bleuets et coquelicots,
Demoiselles libellules 

Salut veaux vaches couvées en batterie en stabulation libre

De chasser les mouches de la voisine avec leur queue

Ni le chauffard des chaumes

Faisant tourbillonner nuit et jour la  terre désormais morte

 

Non le paysan L’homme qui fait corps avec le pays Terraqué

Celui de van Gogh, couché dans la paille

Ah ça viendra Marie le temps de la sieste à l’ombre de la meule

Celui de Giono et que notre joie demeure

Celui de Millet quoique l’angélus ne soit pas ta partition favorite

Celui de" la mauvaise herbe braves gens braves gens

Pas celle qu’on rumine  pas celle qu’on met en gerbes

Elle s’vend aux autres braves gens braves gens

Elle s’donne à lui c’est immoral et c’est comme çà

La la la la…..

Et je m’demande pourquoi bon dieu

Ça les dérange qu’on l’aime un peu (bis) "*

Mais je m’égare, revenons à nos moutons à leur berger

Et sa bergeronnette qui à plein temps rêve d’en dessiner… des moutons

Et d’en modeler en pâte à papier

Je te salue paysan

L’amateur de beaux paysages Bocages et marécages

Le paysan qui sans peine a pris racine

A quelques lieues à peine de la Peene-Becque

 

Jeune hêtre de quarante berges-(r) honnête-

Ou plutôt saule fêtard ivre non plus de vin mais encore de poésie et de vertu

Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps

Toi l’ortie-culteur pour sa soupe et son parfumé purin,

ses bienfaits aphrodisiaques à l’encontre des belles plantes comme toi

Marie oh Marie Combien de fois as-tu succombé

Au charme indiscret de ton vilain

Jeux de mains jeux de vilains Marie disait grand-maman

Jeux de mains jeux divins lui rétorquais-tu, belle effrontée

 

Oh Toi le passionné des grenouilles en rut

Loin des bénitiers moroses

C’est pas pour toi Marie

Toi l’admirateur des bourse-à-pasteur bien faites et bien pleines

Epanouies rebondies comme dans une peinture De Breughel l’ancien

Le féru de botanique

Bien planté dans tes quarante plus sept

Avec à tes pieds des bottes atypiques

aussi larges Qu’une bac ove

Alors Jamais oh grand jamais

Au fond de tes wateringues tu ne couleras

 

Facteur municipal pendant un temps

Laissant les bons et mauvais plis de la mairie

Tu as quitté ta mobylette de fonctionnaire assis

Mais pas du tout rassis

A quarante ans et des poussières

on est tout vert encore

Tu as troqué ta pétrolette et ton casque à visière

pour un  tracteur soixante-huitard

Poussif, essoufflé sur lequel tu trônes

Et tu promènes les mômes

Quand il veut bien partir

Car il est plus têtu qu’ le Séchan, ton idole de jeunes le vieux renault

 

Alors quand enfin il pétarade lorsqu’il roule des mécaniques

 Ton renault ou ton Mac peu importe

avec sa fumée pas belle à voir

toi T’es fier comme le roi des aulnes

Comme  une Narcisse en prairies humides

Tu dresses la crête, tu t’gonfles d’orgueil

Comme un jeune coq de bruyère

Et ça en vaut la peine car derrière même les petits diables sont aux anges

Et Tu fais le tour du domaine comme un gentleman-farmer

L’accoutrement en moins

Car avec ta chemise à carreaux, ton pull accordéon

et tes bottes de sept lieues, t’as l’air sorti en douce

d’un conte des vieux frères Grimm

Au tintamarre de l’engin

Les Herbes deviennent folles

Les hérons décollent

Panique à bord d’eaux dormantes

Les crapauds se sentent pousser des ailes

Et les palmipèdes éméchés entonnent de vilains canards

Et quand ton vieux Mac s’éteint

Au beau milieu du pré

Il demande des soins palliatifs

Car Sa toux est grasse noire et mauvaise

 Et Tu es contre la mise au carreau des Mac acariâtres

Toi le mangeur de mac à Ronnie

Sans ragoût sans rajout De cadavres

Oh Ricardo Le déserteur de Mac Do Le cracheur de Mac Caïn

Celui de la malbouffe et le successeur de Busch inutile

Alors Tu mets de l’huile Petit homme Tu mets du baume au cœur du moteur

et de la benzine, tu le caresses de mots tendres

Vas y petit mac, t’es le plus beau, me laisse pas tomber

T’as la classe tu sais, trente moufflets à brouter

Mais il refuse d’obtempérer

Alors tu profères sous le capot Des mots durs

Tête de mule à moteur Vieux macaque pollueur

Caractériel à soupapes Parasite des vergers

Soixante hui tard à pédales Pauvre ringard

Ah comme ça soulage, ah ma zette comme ça soulage

Car faut rentrer les foins avant l’orage

Ce n’est rien on finira avec la BX ou la brouette à bretelles

Ce n’est rien bientôt t’échangeras tes vingt chevaux

contre un seul

Fumant des naseaux pétant de l’arrière-train

Un vrai bourrin sans effets d’ serre

avec seuls des effets d’selle !

Quoique, s’il dégage comme un troupeau de bovidés

sous sa longue queue agacée par les mouches

 Sa dose de méthane

L’ trou du cul du ciel va encore s’agrandir

Alors vaut mieux que le Mac fier comme un Machaon

Bien plus pacifique que Mac Mahon

s’endorme enfin sans un ronflement

Dans son lit de toiles d’arantèles

 

Fallait le faire quitter Blindecques  la prolétaire,

 la rouge devenue rose amère, décolorée,

Ségoliste, affairiste, zappattériste,

J’en passe et des libéraux adieu Zapata

Fallait le faire quitter Blindecques contre un coin perdu à l’orée des Flandres

aux confins de l’Audomarois

« dans un treul de verdure où cante une becque

C’est Rimbaud dit par Richard quand il séjournait à Blindecques

et tu prends position pour tes frères pauvres

 sans terre d’Inde et d’ailleurs,

 tu les invites à tishe tashe ah la belle tâche !

 à chanter leur misère et l’espoir d’un autre monde

Sans Monsanto et consorts le vandale

Un autre monde où tous les gars et les filles de la terre se donneraient la main

 

Car la terre il faut bien le dire

Elle est malade à crever

Elle crache, elle gerbe comme ton mac

Mais c’est une autre échelle

Et en parlant d’échelle mon ptit père

Promets nous que tu vas plus y monter

T’as point trop d’équilibre

T’as ben vite le tournis

Et on veut plus te ramasser à la grande cuiller

dans les pissenlits

Mais revenons sur terre Elle a  la fièvre

Elle n’en peut plus de dégueuler

Du plastique Des nitrates, des phosphates

Des métaux C’est trop lourd

Des déchets toxiques Sur mer sur terre

Dans les airs et tout le monde s’en fiche

Ou presque

C’est si jouissif de consommer Et de jeter Et si frustrant aussi

 

Alors il faut bien retrousser ses manches

Semer des graines de paradis

Planter des arbres de liberté

Comme en 89

La situation est révolutionnaire

Ah ça ira ça ira ça ira

Des éoliennes comme lanternes

Ah ça ira ça ira, ça ira

De l’EPR on n’en veut pas

Oublié le cri de Hulot avec lui on a cru que c’était chouette

On s’est fait rouler dans la farine et c’est pas Bio, min tiot biloute !

 

Ah la partie est rude

Contre les géants du pétrole

Et de la chimie

Contre les ogres fomenteurs de barbaries

Marchands de canons

Et d’ogives

Salement nucléaires

 

Bâtir un autre monde Où la terre serait un jardin…Pour tous

Et non une poubelle une poudrière Poussière morte

Pour nos enfants…………

 

* Rendons à Brassens ce qui est à Brassens. 

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Publié dans portraits

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F
tu ravis le coeur ecologique qui bat en moi :-)<br /> big bisous
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