Vive la vie nomade (1)

Publié le par marc

 

                    Mercredi 24 mai en Corrèze

 

Pays aux collines plantureuses et rondes comme des seins de femme, luxuriants contreforts du Massif Central. Beau camping au bord d’un lac vert aux reflets d’or et d’argent : on ne pouvait rêver de premier ancrage plus charmant à notre voile aérienne, à notre échappée belle.  

Le petit matin est frisquet sous la toile. Les quelques touristes éparpillés dans ce grand jardin d’ombres et d’eau sont sur le point de décamper et nous faisons de même, à la recherche de caresses chaleureuses sur le corps ankylosé. Nous reviendrons par ici au retour.

Gesticulations et contorsions quelque peu grotesques pour sortir de la tente, la couchette n’est pas habituelle, la grotte champêtre, à même les pâquerettes, n’a aucune connotation bourgeoise : ce dôme entoilé est le même qu’au temps bohême de nos vingt ans. Aujourd’hui, les articulations, vieilles de plus d’un demi siècle sont mises à belle et rude épreuve et, rouillées, elles craquent comme des huisseries d’un autre âge…Débordant d’ardeur, gonflés de sève, nous huilerons à grands coups de pédales ces machines engourdies. En attendant les arômes des fleurs et du café tombant goutte à goutte, les chants exubérants des oiseaux, les mille et un feux follets sur le miroir chatoyant du lac éveillent sur la peau des frissons de bien-être.

 

 Il faut attendre Cahors, Lalbenque, pour que le soleil enfin gagne la partie à ce jeu de cache-cache, ce Quercy haut en couleurs qui nous rappelle des souvenirs lointains de jeux à six dans les bois, des siestes prolongées, de rires et d’éclats sous la tonnelle, de baignades interminables : ces belles alternances de fièvre et de paix d’il y a vingt ans, sur notre courte échelle du temps… Aujourd’hui, nous sommes deux en quête de quelques fruits d’automne sucrés, d’instantanés lumineux, d’escapades à l’unisson. Nous atterrissons en début d’après-midi au sud de Toulouse, dans un camping peuplé de hautains peupliers ou est-ce des trembles à s’agiter ainsi comme des enfants turbulents ? Ici, parmi les habitations mobiles, quelques tentes d’indiens comme la notre, nous sommes en terre amie. C’est un peu l’Amérique des vieux sioux, au plumage poivre et sel…

 

Nous avons des fourmis dans les jambes, impatients d’approcher le Canal du Midi, fil conducteur de notre périple. Comme deux  chevaux piaffant d’impatience, sur nos selles de cuir rigide, sans harnachement, nous empruntons le chemin de halage. A présent les bateaux sont de plaisance et se tractent tout seuls. Les mariniers, en pantalon de flanelle, parlent américain et naviguent en dilettantes. Promenade reposante, sans cahot, la berge très fréquentée a été asphaltée. Canal au lent et apaisant débit, entre lumière et pénombre, propice aux profondes méditations.

 

Regards curieux sur une écluse et son fonctionnement. Nous revoilà enfants, culottes courtes, cheveux en bataille, regard pétillant, éclaboussés par l’écume, émerveillés par l’ascension ingénieuse des bateaux. Tout un programme de cours peut-être élémentaire, mais pratique et intelligent quand le papier n’est pas l’unique support, le seul canal. La belle école au grand air.

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F
un seul mot vient à l'esprit : bonne vacances !<br /> big bisous
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