Lecture (2) Alberto Manguel
Mais les gouvernements totalitaires ne sont pas les seuls à craindre la lecture. Les lecteurs sont brutalisés dans les cours d’écoles et dans les vestiaires comme dans les bureaux et prisons d’Etat. Presque partout, la communauté des lecteurs a une réputation ambiguë qui vient de son autorité acquise et d’un pouvoir entr’aperçu. On devine dans la relation entre un lecteur et un livre quelque chose de sage et de profitable, mais on la trouve aussi dédaigneusement élitiste et exclusive, peut-être parce que l’image d’un individu pelotonné dans un coin. »
Alberto Manguel
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