Utopie
Je rêve…
d’un jardin grand comme la terre
« Le pays des rêves est le seul pays où l’on est pas interdit de séjour. » Julos Beaucarne
Je rêve d’un monde où l’enfant dès l’aurore baignerait dans l’onde douce et cristalline de la poésie, de la musique, de l’enchantement. Il y goûterait et s’enivrerait de tout son saoul, récepteur acteur de mots, de sonorités, de notes, de formes, de parfums, de couleurs…
Je rêve d’émulation et d’accomplissement, faire jaillir de soi le nectar avec le concours engageant de l’autre
Je rêve d’un monde où le désir, la curiosité, l’enthousiasme seraient qualités premières
Je rêve d’un monde où créer serait le maître mot
Je rêve d’un monde où la connaissance serait vecteur de joie, d’humanité et d’excellence
Je rêve d’élitisme pour tous, et non ce partage inégal, à plusieurs vitesses, de toutes les nourritures.
Je rêve d’un monde où les hommes pourraient circuler librement, d’un monde sans frontières, sans murs, sans barbelés
Je rêve de parité et de fraternité
Je rêve d’un monde où le respect et la tolérance seraient des valeurs reines
Je rêve d’un monde où la palette des couleurs de peau soit une aubaine pour de paisibles mélanges
Je rêve d’un contrat naturel où l’homme reprendrait sa place parmi les autres êtres vivants, humble et respectueux
Je rêve d’un contrat social pour la planète.
Je rêve de coopération et cela commencerait à l’école. Combien d’années sur des bancs publics sans paroles, sans jardin et sans poésie. Comme la vie adulte, dans toutes ses entreprises serait plus délectable…
Je rêve de partage entre hommes et femmes, jeunes et vieux, partage de connaissances, de savoir-faire, de revenus
Je rêve d’une Europe phare, promouvant justice et beauté dans ses terres et au delà des mers, avec un contrat naturel, politique et social
Je rêve d’une ville sans banlieue, sans lieux mis au ban, à l’index, vilipendés, d’une cité où le centre s’étendrait comme une nappe de lumière jusqu’aux coins reculés et exclus
Je rêve de quartiers d’orange, de verdure, de rires, de paroles et d’eau. Je rêve de lieux de vie, d’activités, de commerce équitable et de jeu.
Je rêve de quartiers mixtes, à Saint Denis et Saint Tropez, dans le seizième arrondissement de Paris et dans les cercles excentriques jusqu’au bout de la terre
Je rêve de villages métissés avec des bancs sous les tilleuls
pour enfanter des projets de vie commune, pour rire et pour rêver
Je rêve de démocratie vivante, où les élus, choisis pour leur abnégation, leur sens du service public œuvreraient pour un monde libre et harmonieux, où la participation serait reine et quotidienne
Je rêve de l’effondrement de toutes les dictatures et des régimes autoritaires
Je rêve d’un monde où la politique reprendrait ses droits, trouverait sa noblesse et sa force
Je rêve que la démocratie ne s’arrête pas devant un bureau de vote, devant la grille de l’usine, devant la porte de l’atelier ou du bureau
Je rêve de transports dépollués, de proximité et au long cours, transports de joie et d’énergie constructive
Je rêve de médias qui informent, instruisent, divertissent et émeuvent en élevant l’homme, en développant ses fibres intelligentes et sensibles et non celles qui flattent et dégradent, d’origine animale et grégaire.
Je rêve d’un monde sans tapages publicitaires, sans slogans lapidaires dans lesquels les hommes deviennent troupeaux à consommer, à s’aliéner
Je rêve d’un monde où l’économie ne serait qu’instrument pour faciliter la vie des hommes et non une fin, une fringale, un appétit sans fin avec ses monstres, avec ses temples, avec ses gourous. Je rêve de démanteler ces murailles d’inégalités, d’inhumanité. Produire, consommer, jeter, produire…
Je rêve d’un monde où nos enfants seraient heureux de vivre et d’enfanter…
Je rêve d’un jardin grand comme la terre.
« Le pays des rêves est le seul pays où l’homme n’est pas interdit de séjour. »
Pas d’issue
Pas de salut
La vie à la dérive
I have a dream
« Je fais le rêve qu'un jour, sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
« Je fais le rêve qu'un jour, même l'État du Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice.
« Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants habiteront un jour une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère. Je fais ce rêve aujourd'hui !! »
Martin Luther King (août 1963)